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Dans mon entreprise du paysage

Nathalie, Olivier et Vincent travaillent dans une entreprise de paysage. Responsable de recherche et développement, directeur d’exploitation et chef de secteur dans une jardinerie, de la recherche à la vente en passant par l’aménagement du paysage, le végétal est au cœur de leur métier. Ils nous parlent de leur parcours et de leur passion dont ils ont fait leur métier. 


Je m'appelle Olivier Deharbes, je suis directeur d'exploitation dans une entreprise de paysage.
Après la troisième, je ne faisais pas partie des élèves qui étaient fans de faire des études. J'ai eu la chance d'être animé par une envie, c'est-à-dire que j'ai eu envie d'être dehors, de pouvoir créer de mes propres mains, d'aménager des choses. Rapidement, je me suis orienté vers les métiers du paysage, métiers du végétal. J'ai fait un BEP en formation initiale, qu'à l'école, et rapidement, j'ai voulu pratiquer sur le terrain. En toute logique, j'ai intégré une formation de bac professionnel, en alternance, dans une société privée, puis un BTS. Alors que je n'étais pas forcément au départ prédestiné pour faire des études, dites supérieures. Au final, on se rend compte, quand on est pris par une passion, qu'on a envie d'apprendre ; l'un dans l'autre, on continue ses études. Ça se fait naturellement. Le BTS, je l'ai fait en alternance également, dans une autre entreprise. J'ai travaillé un an parce que je souhaitais m'arrêter là, et puis pareil, toujours dans l'envie de comprendre, d'apprendre, toute la filière de mon métier paysage, j'ai intégré une école d'ingénieur pendant trois ans dans le nord de la France, et j'ai fait également un parcours en apprentissage dans cette école d'ingénieur. Ça fait une somme de sept ans d'alternance, sur neuf ans de formation. Et finalement, grâce à ces expériences, aujourd'hui, je les mets à mon propre profit et au profit de la société de paysage dans laquelle je travaille. Une entreprise de paysage, c'est une entreprise qui exécute des travaux. On a un mot clé, une valeur, c'est le végétal. Le végétal nous accompagne du début à la fin : on le met en pépinière, on le produit, on le propose aux clients, on le vend à des personnes, et on le plante dans le cadre de chantier. Donc il y a vraiment un cycle complet qui est très intéressant pour le végétal.
Allez, suivez-moi ! Je vais vous faire découvrir mon métier de directeur d'exploitation. C'est parti !
Je suis donc directeur d'exploitation. Qu'est-ce que c'est ? C'est en quelque sorte un chef d'orchestre, un capitaine d'équipe, qui est là pour s'assurer que toutes les personnes qui travaillent avec moi soient bien à leur place, soient bien à leur rôle. Ce travail d'équipe permet d'arriver à un but commun, c'est de faire des chantiers qui sont beaux et qui reflètent la qualité, pour le client et pour l'entreprise.
Ma journée type de directeur d'exploitation, elle commence tôt, parce qu'il faut être présent avec les équipes de terrain, donc à 5 h 45 du matin. Déjà, c'est vérifier que toutes les consignes aient bien été comprises et qu'on va bien dans le bon sens.
Deux camions comme ça, qui partent
Note-moi ça sur le rapport d'analyse, et on en reparlera jeudi prochain. C'est bon ?
C'est bon.
Ça marche. Allez, bonne journée !
Merci.

Ensuite, il faut que je me réserve un temps pour lire mes mails, sachant qu'à peu près, dans une journée type, c'est 80 mails par jour. La journée type aussi, ce sont des réunions de travail. Ça m'arrive très souvent, comme on a fait aujourd'hui, de voir des maîtres d'œuvre, des architectes paysagistes. Et puis, j'ai aussi des réunions internes, dans le groupe dans lequel je travaille, avec la comptabilité, la recherche et développement, avec ma direction.
Après, j'ai des réunions de chantier. Il faut savoir ce que c'est qu'un chantier, donc c'est pour ça que j'accompagne régulièrement conducteurs de travaux et mes chefs de chantier. J'y participe, je réponds à des questions, je résous pas mal de problèmes aussi. Forcément, quand il y a des choses à acter ou des choses à trancher, il faut, à un moment, qu'il y ait un responsable qui tranche. Attention aux engins ! La sécurité sur les chantiers ! Je pars avec ma voiture sur toute l'île, parce qu'on a des réunions de chantier sur toute l'île. Voilà : typiquement notre équipe, et nos camions ici. Vous voyez ? Avec les végétaux qui sont dans le camion en attente de plantation. C'est un groupement de communes de l'ouest de la Réunion qui a lancé un appel d'offres pour embellir et replanter les abords du port de Saint-Gilles. On est dans un cas concret : on a répondu à l'appel d'offres, on a été sélectionnés, et là, on est en train de réaliser. On a préparé, maintenant on réalise les travaux. Je disais là, ça, ici. Pour éviter les échardes, tu coupes ici. J'aime mon métier, mon poste actuel de directeur d'exploitation, mais c'est un directeur d'exploitation dans une société de travaux paysagers. Bon, allez, bon courage ! Salut ! Salut ! Du coup, ce qui est vraiment plaisant, c'est qu'on apporte du bonheur aux gens. On fait des espaces verts donc on apporte que du bien-être. Quand je vais sur des réunions de chantier et que je repasse deux ans après, ou un an après, et que je vois qu'effectivement les gens se sont approprié le site, là, on a tout réussi.
Vous avez eu un aperçu de ma journée. Maintenant, je vous laisse avec ma collègue Nathalie.

Moi, c'est Nathalie Come, je suis responsable Recherche et Développement en génie végétal.
En troisième, de toute façon au niveau collège, au niveau des cursus scolaires de manière générale, j'étais une élève attentive, sérieuse, avec une certaine timidité, mais ça ne m'a pas empêché d'évoluer, et d'être là où je suis aujourd'hui. J'ai effectué un bac scientifique, spécialité Mathématiques, au sein d'un lycée à la Réunion. À l'issue de ce bac, je suis partie en métropole pour suivre une première année de médecine. Je n'ai pas réussi effectivement à obtenir le concours, donc je me suis réorientée, et je suis revenue à la Réunion pour réaliser une licence en biochimie à l'Université de la Réunion de Saint-Denis. À l'issue de cette licence, j'ai effectué un master 1 en Biodiversité Écosystèmes Tropicaux, donc un master de recherche. Et j'ai terminé en master 2, en Génie Urbain et Environnement, qui est un master professionnel, qui m'a permis de réaliser un stage de fin d'études au sein d'une entreprise privée. À l'issue de ce stage, j'ai été employée au sein de mon entreprise de fin de stage d'étude pendant un an. Je me suis arrêtée, je suis allée travailler au sein du parc national, et à l'issue de cette mission de six mois, je suis revenue travailler, définitivement cette fois-ci, au sein de l'entreprise dans laquelle je travaille aujourd'hui, en tant que responsable Recherche et Développement.
Venez avec moi, je vais vous faire découvrir mon métier.
Le métier de recherche et développement en Génie Végétal est basé sur la recherche au sein du végétal. Mon objectif en R&D, c'est d'étudier les espèces végétales qui vont pouvoir apporter des qualités aussi bien ornementales, c'est-à-dire esthétiques, qu'en termes de biodiversité, pour pouvoir effectivement, investir, introduire de nouvelles espèces végétales, et donc lutter, entre guillemets, contre les gaz à effet de serre et contre le changement climatique. Donc là, ce qu'on vient de faire, c'est mesurer ce qu'on appelle la conductivité, le pH, ce qui nous permet de vérifier que la fertilisation qu'on met en place sur le type de végétaux en production, est adaptée. Au sein de notre entreprise, on met en place notamment des techniques de végétalisation, qu'on appelle le semis hydraulique, qui consiste à projeter un système végétal qui va permettre, par exemple, de lutter contre l'érosion du sol. Ce qu'on utilise en bord de route, par exemple. On peut développer aussi d'autres techniques pour lutter contre ce qu'on appelle les îlots de chaleur, par exemple, c'est la toiture végétalisée. C'est le type de dossier sur lequel je travaille en recherche et développement, à savoir, les dossiers de techniques et de préconisations en génie végétal. Là, concrètement, dans le cadre d'une toiture végétalisée. Ça, c'est ce qu'on a au départ, avec le substrat qui est nu ; là, c'est l'application, ce qu'on a préconisé sur le chantier ; et voilà ce qu'on obtient à la fin. Donc elle est là aussi, la recherche et développement, parce que, certes, ce sont des techniques qui existent déjà, mais il faut quand même l'adapter au milieu tropical, là où on est, l'adapter par rapport aux espèces. Donc, tout autour de ces techniques qui existent déjà, il y a tout un cursus, tout un fonctionnement de recherche et développement, qui est indispensable pour pouvoir continuer à développer ces techniques. Concrètement, je commence de manière générale à huit heures. La première chose, forcément, on consulte nos mails. En général après, c'est le terrain pendant, je dirais, la bonne matinée. Là, je vais avec les équipes, je regarde les expérimentations qui ont été lancées, je vérifie qu'il n'y ait pas eu de soucis. On est donc ici à l'Hermitage, sur notre site de production du gazon des Mascareignes. C'est un gazon endémique de la Réunion, c'est-à-dire qui se trouve uniquement à la Réunion. On a testé différents protocoles de production et aujourd'hui, on est venus vérifier lequel de ces protocoles fonctionne le mieux en termes de développement. Après, il peut y avoir en plus des rendez-vous avec les différents responsables d'exploitation par rapport au lancement des expérimentations, parce qu'eux aussi ont besoin d'être informés.
… obtenir le substrat. Donc, eux, ils veulent une attestation de la part de…
Ce qui m'attire, c'est vraiment cette acquisition constante de nouvelles connaissances. C'est-à-dire qu'on est tout le temps en train de découvrir de nouvelles techniques, de nouveaux procédés. Tous les jours, j'apprends de nouvelles choses, tous les jours, j'acquiers de nouvelles connaissances, et à mon sens, c'est important, ne serait-ce que pour mon épanouissement professionnel. Je pense vous avoir montré l'essentiel de mon métier. Je vous laisse maintenant avec Vincent.

Je m'appelle Vincent Ciarlan, et je suis responsable secteur. Quand j'étais en troisième, j'ai aimé l'école. Arrivé en troisième, je voulais faire des choix. Si on veut parler de mon avenir, c'était surtout devenir garde forestier. Mais très très vite, on m'a dit que c'était sur concours, que c'était quand même assez compliqué, et je suis parti dans le chemin opposé, c'est-à-dire rentrer dans la vie active assez rapidement. J'ai fait mon BEP Aménagement de l'espace en travaux paysagers en alternance. Mon travail me plaisait. À l'époque en BEP, je travaillais en jardinerie qui avait ouvert un service de travaux paysagers. J'ai travaillé en vente, et quand ils ont ouvert ça, je suis parti chez les gens créer, faire les chantiers, créer les jardins, etc. Du coup, parce que ça me plaisait, j'avais largement le niveau d'études qui était assez simple, j'ai fait mon bac pro en alternance à la mairie de Paris. J'entretenais les parcs et jardins de la ville de Paris. Après, j'ai commencé ma vie active en travaillant dans un grand parc d'attractions pendant dix ans. Au bout de dix ans, je suis venu à la Réunion et j'ai trouvé un travail dans une jardinerie, en tant que vendeur, après je suis passé sur le poste de gestionnaire de rayon, et maintenant, je me retrouve responsable secteur.
Allez, suivez-moi, je vais vous montrer mon métier.
Donc la journée type, un peu classique, idéale, ce serait surtout d'arriver avant tout le monde. C'est assez important pour moi, c'est s'imprégner un peu des lieux, voir ce qui s'est passé, de faire le tour du magasin, d'observer, de voir les choses qui ne vont pas. Ça va être un travail qui n'aurait pas été fini la veille dans la précipitation, des rayons qui ne sont pas rangés, un balisage, des étiquettes qui sont tombées, qui sont mal mises. C'est ce type de choses que je vais surtout observer en premier. Le premier but, c'est que, quand le client arrive dans la jardinerie, il soit content, qu'il trouve joli. Rendre le client content, c'est déjà très important, c'est déjà une satisfaction personnelle. Après, le travail commence là-dessus. La première personne avec qui je discute, en général, c'est les gestionnaires de rayon. On fait le tour des rayons avec eux ; on voit ce qui va, ce qui ne va pas, ce qui est à améliorer dans la journée, ce qu'il y a comme travail à faire, ce qu'il y a comme marchandises qui rentrent. Donc là, on a bien les 10 mètres carrés qui sont réservés pour demain pour la commande client.
C'est ça. Et donc du coup, il va nous en rester huit en vente. Et au niveau gazon des Mascareignes, on a les deux mètres carrés qu'on a au fond, là-bas.
Après le magasin ouvre, la journée se lance. Quand les clients arrivent, tout de suite, il y a très vite des demandes, donc il faut s'assurer que les vendeurs soient à disposition, qu'ils s'occupent des clients. Après avoir fait le tour du magasin, je vais regarder mes mails et j'ai pas mal de choses à traiter. Les premiers mails, ça peut être des directives du directeur, ça va être des confirmations de commande, des affiches ou des plannings à envoyer aux intérimaires, ce genre de choses.
… on va pouvoir lui faire signer son planning, et il y a un autre intérimaire qui est prévu lundi. J'ai demandé à l'agence d'intérimaires… Attends, que je regarde, parce que je n'ai pas vu mes mails depuis tout à l'heure…
Les objectifs, je vais en en avoir pas mal. Ça peut être optimiser les ventes, dynamiser le chiffre d'affaires, s'assurer que toute l'équipe soit en place, que les collaborateurs sont contents, heureux dans leur travail aussi. Ça, c'est important. Gérer un peu les plannings, parce que, sur des surfaces de vente comme ça, on est ouvert sept jours sur sept, les plannings sont un peu compliqués. Ça va être aussi d'avoir des qualités de stock qui sont assez propres. Les stocks sont assez importants. Le fait d'être à la Réunion, ça veut dire que quand nous, on va passer une commande en import, elle va mettre à peu près un mois et demi avant d'arriver à la Réunion. Si vous êtes en métropole, vous commandez un produit, vous l'avez dans la semaine. Ça va être aussi de s'assurer que le magasin soit bien achalandé et regarder les rotations des produits. Je peux être interpellé à n'importe quel moment pour n'importe quoi. Ce côté-là, j'aime ça, j'aime que les clients soient contents quand ils rentrent dans le magasin. Après, il y a tout ce côté gestion qui me plaît aussi beaucoup : suivre un peu les stocks, suivre un peu les chiffres de ventes qu'on fait dans le magasin, toutes ces choses-là me plaisent aussi. Ce qui me fait bizarre aussi, c'est de voir des enfants dans le magasin, parce que je me vois quand je suis plus jeune. Tous mes week-ends, quand on n'était pas dans la nature, je demandais d'aller dans les jardineries. C'était quelque chose qui me plaisait. Et on a des enfants qui sont là tous les week-ends. C'est des choses que j'aime, c'est sympa.

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